Hier, je prévoyais avec quelques copains (Fred, Franck et Marc) d'aller me faire le circuit des 3 cols, qui comportent 3 chouettes cols: Le superbe col de la Cayolle, le rude col des Champs, et enfin le col d'Allos. Tout un programme pour une journée extraordinaire...
Ce matin là, lever à 5 heures, mais volontiers cette fois, pas comme quand on va au boulot! Tout était déjà chargé dans la Kangoo, le vélo en "configuration Marmotte", avec la cassette 13/29 (qui fait ressembler mon vélo à un vtt!), les roues légères, les grosses gourdes dans les portes bidons. Une machine à grimper, quoi! J'essaie de prendre un petit déjeuner un peu plus léger que d'habitude (pas de gâteau overstims, juste des céréales, yahourt, café, et un barre au fruits secs pendant le voyage), résultat je me sens moins lourd, moins ballonné, c'est bon signe. Je me prépare aussi à me forcer à manger pendant le périple, car j'ai beaucoup de mal à manger et à boire quand je pédale.
La température est deja assez haute pour partir, mais avec l'altitude de Barcellonnette cela devrait aller mieux. Le voyage se fait en voiture, les discussions vont bon train sur la venue de Benarfa à Marseille (qui sera confirmée dans la journée d'ailleurs), sur les performances de l'équipe de France à l'Euro, sur le Tour qui arrive... Tiens on est déjà arrivé???
Nous rejoignons Franck, qui est déjà sur place dans son petit camping car, préparons les vélos et c'est parti pour un petit échauffement dans les gorges du Bachelard, en légère montée, avec quelques petits raidards, juste ce qu'il faut pour faire monter le palpitant "à température idéale" pour attaquer le col. Apres quelques km et le passage d'un petit pont, nous attaquons le hors d'oeuvre de la journée. Les premiers lacets nous mettent vite dans l'ambiance. Je me rappelle qu'il faut que je me mette en mode économie, en prévision de la Marmotte, à savoir 155puls maximum, et j'essaie de moins mouliner que d'habitude, en montant en 34X23. a ce rythme, la discussion est facile, les sens en éveil (le compteur un peu moins, mais on s'en fout!), et c'est un festival pour les yeux (ciel bleu sans aucun nuage, cascades...) pour l'odorat (belles odeurs de la montagne avec des éfluves de fleurs...) pour la vue (tiens une marmotte sur le bord de la route qui semble ne pas avoir peur de moi, jusqu'à ce que je lui dise coucou, ou là elle est partie en courrant, et ses soeurs se sont mises à siffler. Dans un peu plus d'une semaine je verrai ses cousines dans le Galibier...), bref que du bonheur. Petit à petit, la végétation se fait plus rare, la respiration un peu plus courte, nous approchons des 2300m du sommet (je crois...). Nous y voilà. La Cayolle est superbe. Un petit arrêt photo/barre/eau (pas assez bu...) et c'est parti pour plus de 20 km de descente, sur un revêtement sympathique, et des cascades immenses nous accompagnent, les sources sont omniprésentes. C'est sans doute du aux nombreuses pluies que nous avons eues. Arrivés à saint Martin d'Entraunes, les roues sont très chaudes, elles ont été mises à rude épreuve dans cette descente, mais n'ont pas bronché, ni elles ni les patins Corima que j'ai montés. Juste un sifflement un peu plus prononcé quand elles chauffent...
Nous attaquons maintenant le plat de résistance, le Col des Champs, aux pourcentages un peu plus élevés que la Cayolle. Un petit coup de fil à la maison pour voir si tout va bien, et c'est parti. La chaleur commence à se faire très présente. J'essaie de rester dans des pulsations raisonnables, mais c'est dur! Il fait très chaud, et malgré tout ça monte... L'inclinomètre me donne des passages à 13%. Pas étonnant que le coeur monte... Le bitume fond. Je remarque que Franck va moins bien, il est pale, n'a plus de jus, il fait une hypoglycémie. Je reste avec lui, un peu traumatisé par le cycliste que j'ai vu mort sur le bord de la route il y a quelques jours, et je n'aimerais pas qu'il lui arrive un problème. Il fait tellement chaud que mes pieds s'enfoncent dans le goudron! Franck ne va pas bien, il s'arrête encore un peu. Finalement nous arrivons en haut. Le sommet est moins impressionnant que la Cayolle, mais beau quand meme! Par contre la descente sera terrible: le revêtement est pourri, il faut slalomer entre les trous, freiner fort, bref une douzaine de km de calvaire. En bas les doigts sont tétanisés, le dos contracté. Nous montons jusqu'à Allos pour une pause bien méritée autour d'une bonne bière fraiche et une séance de récup dans une fontaine bien froide (ça fait un bien fou de pouvoir tremper ses jambes, l'effet néfaste des deux dernières montées à presque disparu!). On est tellement bien que c'est dur de repartir. en plus Franck décide de s'arrêter là, un de ses collègues le montera en haut du col d'Allos. L'idée me passe par la tête (vite fait!), mais si je m'arrête sans motif, sans douleur, comment vais je réagir à la Marmotte? alors c'est parti pour le dernier col.
Voici donc le dessert, le Col d'Allos. Mais avant il faut aller jusque la station de la Foux d'Allos par un faux plat de 7 km qui des fois se transforme en montée. Comme je n'aime pas les faux plats montants, j'essaie de monter plus vite, pour que ça passe plus vite. J'attends les collègues, puis c'est parti. Le col d'Allos est assez aride, et la route serpente en lacets jusqu'au sommet. La route est quelquefois défoncée par les mois sous la neige, je compte les lacets, et quelques fugaces crampes font leur apparition; je paye le fait de ne pas boire assez. Faudra que je fasse attention dans quelques jours!
Nous voila en haut, et nous allons basculer dans la vallée de Barcellonnette. Apres le hors d'oeuvre, le plat de résistance et le dessert, nous voilà avec le digestif, la liberation! La descente est un grand moment de bonheur, une bonne vingtaine de km, avec de longues lignes droites, de beaux lacets... Et nous voilà arrivés après une superbe journée. et dire que je n'ai fait que 3 cols, et que ce coin de paradis en comporte 7, je me dis que j'ai à faire! Au niveau sensations, c'est encourageant pour la Marmotte. Faudra faire attention au mental, qui a tendance à lacher avant le physique, et à l'alimentation, à gérer plus efficacement et régulièrement.
1ere photo en haut de la Cayolle
2eme photo en haut du col des Champs
3eme photo dans le col d'Allos

